Appel de communications — congrès mondial atelier 7 « Multiculturalisme et droits des peuples autochtones » | Call for papers — World Congress workshop 7 ‘Multiculturalism and the rights of indigenous peoples’
ATELIER 7
MULTICULTURALISME ET DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES
Appel de communications
Dans la foulée de la déclaration historique de l’ONU sur les droits des peuples autochtones, pratiquement aucun continent n’échappe à la revendication de reconnaissance et de protection constitutionnelles de droits individuels et de groupe fondés sur le principe d’autochtonité. La revendication autochtone est des plus sensibles car elle peut mettre en cause des valeurs et des intérêts que l’ordre constitutionnel est par ailleurs destiné à sauvegarder. Ainsi, les autochtones réclament le plus souvent la confirmation de titres ancestraux sur des terres et des ressources considérables du domaine public et du domaine privé. Ils recherchent également le droit à l’autonomie politique et la sauvegarde de leurs cultures singulières. Au niveau le plus fondamental, ces demandes tendent à remettre en cause le partage de la richesse, du pouvoir et de la légitimité historique au sein de l’État héritier de l’entreprise coloniale. La reconnaissance de droits spécifiques à des groupes ethnoculturels pose en outre le problème de leur conciliation avec l’impératif de protection des droits fondamentaux individuels, d’égalité des citoyens et de souveraineté nationale.
La question autochtone entretient par ailleurs une relation trouble avec les thèses du multiculturalisme puisque les peuples autochtones revendiquent non pas d’être reconnus comme une simple composante de la mosaïque des cultures issues de l’immigration et aujourd’hui réunies au sein de la communauté politique nationale. Leur posture est plutôt campée dans l’exceptionnalisme historique des peuples premiers et la logique de décolonisation intérieure de l’État.
Les pratiques observables dans le monde relativement à la question du statut constitutionnel des droits des peuples autochtones sont variables et contrastées. Plusieurs constitutions nationales font déjà une place importante aux peuples autochtones, le cas le plus remarquable à cet égard étant probablement la nouvelle constitution bolivienne. D’autres au contraire sont très peu réceptives, voire hostiles, à la revendication autochtone. Dans plusieurs États, les droits des autochtones relèvent de l’ordre infra-constitutionnel et sont donc subordonnés à l’ordre constitutionnel.
Dans ce contexte, cet atelier sera consacré à l’étude critique des enjeux, des procédés et des limites de la constitutionnalisation des droits des peuples autochtones ou tribaux dans les démocraties modernes.
- Quels principes viennent fonder ou faire obstacle à la reconnaissance constitutionnelle des peuples autochtones?
- Quelle est l’incidence du multiculturalisme sur le positionnement constitutionnel face à l’autochtonité?
- Les systèmes fédéraux sont-ils plus à même de tenir compte des revendications autochtones? Comment ces systèmes s’adaptent-ils à de telles revendications?
- Lorsque ces peuples et leurs droits jouissent d’un statut constitutionnel, comment la loi fondamentale opère-t-elle la conciliation des diverses composantes de l’ordre constitutionnel que sont, par exemple, la protection des droits fondamentaux, l’égalité des citoyens, la souveraineté sur les ressources naturelles et l’unité nationale?
- Quel est le contenu des droits constitutionnels autochtones et quelles sont les grands principes ou doctrines constitutionnelles dégagées par les juridictions relativement à l’interprétation, la portée et la limitation de ces droits? Quel est le rôle des pratiques et activités ancestrales dans la définition des droits reconnus aux peuples autochtones?
- Le juge de la constitutionnalité s’inspire-t-il des instruments internationaux et de décisions des instances internationales visant les autochtones? Quelle a été, dans les amériques, l’influence récente de la Cour interaméricaine des droits de l’homme sur la question autochtone?
- La reconnaissance constitutionnelle débouche-t-elle sur l’intégration des cultures juridiques autochtones et donc sur un pluralisme juridique constitutionnel? Comment s’articulent, le cas échéant, les ordres juridiques autochtone et étatique?
- Quels principes et règles constitutionnels gouvernent le règlement des revendications territoriales autochtones et l’exercice de l’autonomie autochtone?
D’autres questions pourront être traitées par les chercheurs qui s’intéressent, dans une perspective comparative ou nationale, au défi de la reconnaissance constitutionnelle des peuples autochtones.
WORKSHOP 7
MULTICULTURALISM AND THE RIGHTS OF INDIGENOUS PEOPLES
CALL FOR PAPERS
In the wake of the UN’s adoption of the Declaration on the Rights of the Indigenous Peoples, groups living on all continents are seeking the constitutional recognition of collective and individual rights based on the principle of “aboriginality” or “indigenousness”. Such indigenous claims raise very sensitive issues since they often challenge principles, values and interests which the constitutional order is otherwise designed to protect. Thus, indigenous groups often assert an ancestral title to vast tracts of land and natural resources that have become the property of the state or of private owners and that play a central role in the economic development of the nation. They also demand self-government and the protection of their distinctive identities and cultures. On a most fundamental level, these demands amount to a call for a redistribution of wealth, power, historical and cultural legitimacy within states that have a more or less distant colonial past. The recognition of special rights for ethno-cultural groups also raises the issue of their reconciliation with the state’s duty to safeguard fundamental individual rights, the equal rights of all citizens and national sovereignty.
Indigenous claims entertain an uneasy relationship with multiculturalism since indigenous peoples do not regard themselves as mere components of a diverse cultural mosaic that often results from immigration and constitutes the fabric of the national political community. Their stand is grounded in the historical exceptionality of first peoples and their unique quest for internal decolonization.
Constitutional practice regarding the status of indigenous peoples is currently quite varied. Many national constitutions already afford indigenous peoples ample recognition and provide for a substantial catalogue of indigenous rights, the most remarkable example of this trend being found in the new Bolivian constitution. In contrast, other constitutional systems are not receptive to indigenous claims. In some states, indigenous rights are implemented through ordinary legislation, administrative action or the common law but do not enjoy constitutional recognition and status.
This workshop will critically examine the challenges, the processes and the limits of the constitutional recognition of indigenous rights in modern democracies.
- What constitutional principles justify or hamper such recognition?
- Are federal systems better suited to accommodate indigenous claims? How do such systems adapt to such claims?
- What is the impact of multiculturalism on the constitutional approach to aboriginality or indigenousness?
- In countries where indigenous rights enjoy constitutional status, how does the fundamental law reconcile such collective rights with other cardinal components of the constitutional edifice such as the protection of fundamental individual rights, the equal rights of all citizens, the state’s asserted sovereignty over natural resources and national unity?
- What is the substance of constitutionally acknowledged indigenous rights and what key constitutional principles or doctrines have been developed by the judiciary or constitutional courts with regard to the interpretation and the limitation of these rights? Do indigenous rights comprise and extend beyond ancestral practices?
- Is constitutional jurisprudence influenced by international instruments and decisions taken by international bodies and courts with respect to indigenous claims? What has been in the Americas the influence of the recent jurisprudence of the Inter-American Court of Human Rights?
- Does constitutional recognition lead to indigenous legal systems being treated as valid sources of law thus creating some degree of constitutional legal pluralism? How are state law and indigenous law coordinated?
- What constitutional principles and rules govern the resolution of indigenous land claims and the exercise of indigenous self-government?
These are only some of the issues that participants might want to address from a comparative or national perspective.
Please see further | Veuillez voir le document suivant:
Procedures for submitting a paper to a workshop | Procédure pour présenter un rapport à un atelier | Procedimiento para presentar un tradajo a una mesa temática
Presidence/Chairs: Ghislain Otis [ghislain.otis@uottawa.ca], Francisco Ibarra Palafox and Menaka Guruswamy.
